Le rendez-vous annuel du cluster circlemade.brussels a une nouvelle fois rassemblé celles et ceux qui façonnent concrètement l’économie circulaire à Bruxelles. Une soirée marquée par des retours d’expérience sans filtre abordant des thématiques variées telles que la qualité, la gouvernance, le marketing, la commercialisation et le financement. Autre thème central abordé lors de la soirée, comment faire grandir des projets engagés sans perdre leur impact, leur cohérence ni leur singularité.
Le panel des témoignages
À travers les interventions des différents acteurs présents, un constat s’est imposé : la transition circulaire ne repose pas uniquement sur de bonnes intentions ou des innovations techniques. Elle exige aussi des récits solides, des structures robustes et une réflexion stratégique permanente.
Un panel de 5 entreprises a tout d’abord témoigné.
RotorDC
Chez RotorDC, Margot Saulnier, directrice commerciale, a rappelé qu’un matériau réemployé ne se vend pas seul. Il doit être raconté, contextualisé, valorisé. Derrière chaque produit, il y a aussi une réalité économique : près de 40 % du coût correspond au travail humain — un emploi local, déclaré et encadré. Le réemploi implique donc autant une démarche commerciale qu’un travail de pédagogie et de création de sens.
Dans cette démarche de commercialisation, l’entreprise a pu bénéficier d’une session organisée par le cluster. Elle a pu dans le prolongement, mettre en place un outil de suivi à long terme de ses ventes. Cela lui a permis de mieux cibler les efforts et définir les priorités.
Konligo
Du côté de Konligo, Bertrand Le Jeune, COO, a souligné une réalité souvent sous-estimée : un bon produit ne suffit pas à assurer le passage à l’échelle. La logistique, le packaging ou encore la gestion des partenariats deviennent rapidement des éléments décisifs dans la capacité d’une structure à se développer durablement.
Depuis ses débuts, Konligo cherche ainsi à maximiser son impact social et maintenir un approvisionnement en matériaux provenant d’Europe. Grâce au cluster, l’entreprise a pu rencontrer Travco, une ETA (entreprise de travail adapté) bruxelloise qui assurera l’assemblage local de ses produits finis.
Impact Furniture by Oxfam
L’enjeu de la visibilité a également occupé une place importante dans les échanges. Alexis Wuestenberghs, Upcycling manager chez IMPACT Furniture by Oxfam, a insisté sur l’importance, pour les acteurs de la seconde main, de construire une image forte avant même de chercher à vendre. Bien que cette activité existe depuis 25 ans, cela fait seulement 5 ans qu’elle s’est professionnalisée sur l’aspect communication. L’accompagnement en marketing digital proposé par hub.brussels arrivait au bon moment. Identité visuelle, présence digitale, ton éditorial : la première impression reste déterminante, et cela s’applique aussi dans l’économie circulaire.
Cyclo
De son côté, Marie Verkaeren, codirectrice de l’asbl Cyclo, nous parlait des enjeux liés au financement d’une association dont 60% des recettes proviennent de subsides et 40% de ventes. À sa demande et pour élargir son champ des possibilités, plusieurs associations ont été rassemblées à l’instigation du cluster. Elles ont pu échanger sur la manière dont elles envisagent d’étendre leurs sources de financement et revenus suite aux restrictions budgétaires régionales, un partage inspirant pour chacune.
Parmi les enjeux de financement abordés lors du panel, la question de l’impact sociétal est survenue comme un élément critique. Marie a notamment soulevé une interrogation essentielle pour les structures de l’économie sociale : quelle valeur la société retire-t-elle de chaque euro investi dans leur mission ? Un rappel que la mesure d’impact dépasse aujourd’hui le simple exercice de reporting pour devenir un véritable levier stratégique.
BC Materials
Enfin, Nicolas Coeckelberghs, directeur de BC Materials, a partagé son expérience autour de la gouvernance coopérative. L’activité de cette entreprise regroupe un large panel de compétences dont les salaires sont difficiles à aligner notamment parce qu’elles ressortent de commissions paritaires différentes. Avoir un système transparent à ce niveau se révèle très complexe mais important pour garder les équipes impliquées. Dans son parcours pour mettre en place un tel système, Nicolas s’est tourné vers le cluster pour chercher des pistes d’inspiration. C’est ainsi qu’une rencontre a été organisée avec le Groupe Terre dont les processus de participation ont permis de livrer quelques tips & trics applicables directement.
Changer d’échelle sans se perdre en chemin
En fil rouge de la soirée, Philippe Drouillon a challengé les participants autour d’une question centrale : comment réussir un scale-up sans perdre l’essence même du projet?
Autrement dit, comment faire du scaling circulaire et non du scaling classique, càd augmenter le volume d’activité ou d’impact sans augmenter proportionnellement le coût unitaire, tout en préservant la qualité et la mission.
Après avoir argumenté 5 fausses vérités, il nous a expliqué qu’elles étaient les 4 manières de changer d’échelle pour accroître son impact en précisant les points d’attention qui font l’opportunité et ce que cela implique concrètement. Ensuite, il a esquissé les chemins possibles. Tous ces éléments feront l’objet d’un guide édité par le cluster. Ce guide sera accompagné d’outils notamment un diagnostic de maturité ainsi qu’un outil de pilotage.
Un véritable teaser pour susciter la participation à une session plus approfondie dans le courant de l’année.
L’exposition
La fin de soirée s’est déroulée autour de l’exposition qui s’est ensuite prolongée tout le weekend de la Maker Faire.
19 entreprises membres du cluster ont ainsi pu être mis en avant dans le cadre de ce salon de la fabrication où 3.000 participants ont pu accéder à des ateliers pratiques, voir des machines à l’œuvre et rencontrer des makers exposants leurs réalisations.
Une belle opportunité offerte par le Réseau des Fablabs aux membres du réseau circlemade !


