Le 17 novembre dernier, un premier groupe de travail a été organisé dans la filière vélo. Son objectif, travailler sur le deuxième projet issu des réflexions menées fin 2023. Au programme : les résultats de l’enquête sur l’opportunité de mettre en place un lieu mutualisé pour les producteurs de vélos à Bruxelles en s’inspirant notamment du Grand Plateau à Lyon et de la Micro Factory, mais aussi l’occasion de voir comment le groupe souhaitait faire évoluer le projet.
Introduction
Après une mise en contexte sur le cluster circlemade ainsi que la dynamique instillée dans la filière vélo du cluster dès 2023, les participants ont pu découvrir les résultats de l’enquête sur l’intérêt du secteur de mettre en place un projet d’unité mutualisée (voir ci-dessous).
Les deux cas d’inspiration que sont le Grand Plateau à Lyon et la Micro Factory leurs ont également été présentés afin de recueillir leurs avis sur ce qu’il fallait absolument avoir dans le projet, ce qu’il fallait éviter et ce qui les mettait en énergie.
L’enquête
L’enquête a été réalisée d’avril à mi-juillet 2025 sur une base de données de 27 cibles, acteurs de la micromobilité à Bruxelles. Il s’agissait d’une enquête orale sur base d’un questionnaire général. Sur ces 27 cibles, 20 entreprises se sont montrées intéressées par le concept, 4 non intéressées et 3 sans réponse.
Les produits et activités représentés
Les produits représentés par les acteurs sont majoritairement des vélos (11) et des vélos à assistance électrique (10). Viennent ensuite les vélos cargo (8) puis les long tail (5), enfin les remorques (2) et les trottinettes (1).
Au niveau des activités, la réparation est une activité pratiquée par presque tous les acteurs interrogés (16/17). La vente est pratiquée par 13 d’entre eux. 11 entreprises sont dans la conception de véhicules, 10 dans l’assemblage et 9 dans le reconditionnement. 8 sont actives dans la location et 4 dans la production de cadres. Il y a 2 logisticiens. 11 des acteurs ont marqué un intérêt à aller plus loin que l’assemblage avec la production de pièces (cadres, bacs, remorques,…).
Infrastructure et matériel
Les entreprises ont été interrogées sur les équipements dont elles disposaient et ceux dont elles auraient besoin.
L’ensemble des répondants représentent 38 postes de travail et sont quasi tous équipés de petits matériels portatifs.
En ce qui concerne les équipements futurs, 4 acteurs ont montré un intérêt pour du matériel de soudure et 4 ont montré un intérêt pour un équipement de rayonnage de roues. 4 acteurs sont intéressés dans un équipement de mise en peinture et 3 dans un équipement de sablage. 3 acteurs se sont montrés intéressés dans du matériel de découpe (tôles et tubes) et 2 acteurs qui varient d’un matériel à l’autre dans une imprimante métal et une imprimante polymères. 2 acteurs ont signalé un intérêt pour un pont et 1 acteur pour un clark mutualisé. 2 acteurs ont signalé l’intérêt d’avoir un système centralisé d’air comprimé performant au niveau du bâtiment. Il faut toutefois signaler qu’il n’y avait pas de liste fermée de machines et que chacun a évoqué ce à quoi il pensait.
Surfaces et personnes
La somme des m2 totaux requis par les personnes interrogées s’élève à 4.845 m2 sachant qu’il s’agit d’une surface surestimée vu la potentielle mutualisation des espaces.
Cela représente au minimum 140 personnes sur le site.
Les acteurs de la logistique sont ceux qui demandent le plus de surface et occupent le plus de personnes tout en étant ceux qui utiliseront le moins les infrastructures de production. L’un d’entre eux nous a signalé souhaiter se regrouper avec d’autres acteurs sur un hub logistique multimodal, ce qui n’est pas l’objet de ce projet.
Si on ne prend que les acteurs liés à la production (usinage, impression 3D, assemblage), il reste 11 acteurs pour une surface de 2.445 m2 et qui représentent au minimum 32 personnes.
Mutualisations potentielles
14 acteurs sont intéressés par une centrale d’achat et 13 acteurs sont intéressés par une coopérative d’assemblage. Certains souhaitent avoir accès à du personnel qualifié pour l’usinage. Les acteurs qui fabriquent des cadres sont plus circonspects sur la mutualisation de la production de ceux-ci car elle requiert plus de compétences notamment vu la spécificité de chacun (travail du bois, du bambou, soudure, impression 3D). Ainsi la fabrication des cadres resterait privée et l’assemblage qui n’est pas le métier des cadreurs serait partagé.
8 acteurs signalent un besoin en personnel partagé pour la production (par exemple une équipe volante à laquelle on peut faire appel en fonction des besoins), 6 pour l’administration (gestion RH, factures,…), 4 pour la logistique (réception des pièces, gestion de stock, livraison,…) et 2 pour une représentation commerciale commune, une comptabilité commune et un bureau d’étude partagé. Un acteur demande à pouvoir être soutenu dans la structuration de ses démarches commerciales.
Le manque de mécano vélo sur le marché est cité ainsi que la complexification du métier due à l’électrification des vélos.
Un centre de formation et réinsertion est intéressé à occuper les espaces avec un atelier de formation mécanique y inclus le stock (200 m2) qui pourrait se nourrir directement des besoins identifiés auprès des entreprises locales sur le site. L’accès à un poste de soudure, un équipement de sablage et de mise en peinture, une dévoileuse de roues serait intéressant dans ce cadre.
Plusieurs acteurs souhaitent recevoir leurs clients dans l’infrastructure qui doit donc prévoir un espace approprié pour les accueillir.
À côté de ces infrastructures, ont aussi été cités : un accueil centralisé facile d’accès, une cuisine/cafeteria où les gens peuvent manger ensemble, des salles de réunion, des sanitaires et douches.
Les avis sur l’ouverture ou non au public sont partagés.
Prix
Tous les acteurs n’ont pas répondu à cette question. Les prix actuels de location des espaces varient selon le type de propriétaire et les commodités. En cas d’occupation temporaire, ces prix sont très bas. La fourchette de prix annoncée évolue de 4,4 €/m2/mois à 25 €/m2/mois tout équipé pour un entrepôt avec outillage et quai de déchargement.
La valeur de 10 €/m2/mois est la plus citée (6 fois sur les 12 réponses). Il y a 4 chiffres en-dessous de 10 et 2 chiffres au-dessus. Les prix s’entendent souvent sans taxes.
Le prix d’une infrastructure future serait plus élevée vu l’existence de services complémentaires.
Conclusions de l’enquête
Les acteurs de la production se sont tous montrés intéressés par le projet et les potentialités de mutualisation des infrastructures. D’autres acteurs du secteur sont aussi intéressés.
Selon les besoins exprimés par les acteurs de la production, la surface minimale du site devrait être de 2.500 m2 au moins. Si tous les acteurs interviewés devaient être accueillis, la surface préconisée avoisinerait les 5.000 m2.
Tous les acteurs de production sont favorables à une centrale d’achat. Tous sauf un sont favorables à une coopérative d’assemblage.
En ce qui concerne le matériel sur le site, les besoins exprimés sont variés et ne concernent à ce stade que peu d’opérateurs. Une analyse plus précise devra avoir lieu sur l’équipement minimal requis au départ. La mutualisation du personnel pour certaines activités est à analyser et prioriser.
9 acteurs se sont positionnés pour faire partie du groupe qui portera le projet plus loin. Cela représente 7 acteurs de la production.
Perspectives futures
Le noyau d’entreprises intéressées à poursuivre la réflexion a été réuni le 17 novembre 2025 pour poser les bases d’un éventuel projet futur.
À l’occasion de cette réunion, les avis des uns et des autres ont été recueillis afin d’identifier d’éventuels points divergents ou convergents.
La réunion s’est clôturée par la fixation de 3 nouvelles dates échelonnées sur janvier et février 2026, destinées à travailler sur la vision et les missions de ce lieu.
Chacun a aussi été interrogé sur son positionnement dans le projet, comme porteur, contributeur ou supporter.
Plus d’information : la présentation


