Après écoute, analyse et prototypage, IsoFabric lance un nouvel isolant thermique et acoustique en coton, issu de textiles collectés par l’économie sociale. Il répond à deux enjeux : l’absence de recyclage textile en Belgique face à la hausse des déchets, et l’empreinte carbone des bâtiments liée à une mauvaise isolation et à des matériaux à forte énergie grise.
Une réponse locale à une crise textile
C’est en 2023, lors d’une rencontre avec Les Petits Riens que le projet IsoFabric est né avec l’idée de répondre à un problème soulevé par cette association : l’absence de filière locale de recyclage pour les déchets textiles collectés en Belgique. Alors que les acteurs de l’économie sociale récupèrent chaque année plus de 55.000 tonnes de vêtements usagés, seule une faible part peut encore être revendue en seconde main. L’essor de l’ultra fast fashion, avec des vêtements bon marché et de faible qualité, fragilise dangereusement ce modèle solidaire.
Face à cette situation, IsoFabric a développé une nouvelle filière de valorisation : transformer les textiles non réutilisables en matériau d’isolation thermique et acoustique.
Deux défis en un seul projet
Le projet s’attaque simultanément à deux enjeux majeurs : la gestion des déchets textiles et la rénovation énergétique des bâtiments. En Belgique, 16 kilos de textiles sont jetés chaque année par habitant, tandis qu’une grande partie du parc immobilier reste mal isolée et énergivore.
Les bâtiments représentent une part importante des émissions de gaz à effet de serre du pays. Or, une habitation classée PEB G peut nécessiter jusqu’à douze fois plus de chauffage qu’un logement classé PEB A. Pour IsoFabric, mieux isoler les logements tout en utilisant des matériaux durables constitue donc une priorité sociale et environnementale.
Un isolant fabriqué à partir de coton recyclé
Après deux années de R&D, la filière se concrétise. Depuis mars 2026, l’isolant IsoFabric est commercialisé en Belgique.
Fabriqué principalement à partir de textiles en coton recyclé, ce panneau semi-rigide est destiné à l’isolation intérieure des toitures, murs, cloisons ou combles. Son niveau de performance thermique est comparable à celui des laines minérales traditionnelles, tout en offrant de bonnes qualités acoustiques et une meilleure régulation de l’humidité.
Sa production se veut également moins énergivore : là où la laine de roche ou de verre nécessite des températures proches de 1.600 °C, l’isolant textile est finalisé à environ 110 °C.
Outre ces avantages, cet isolant présente aussi un grand confort lors de la pose contrairement aux laines minérales qui grattent. De plus, ce qui ne gâche rien, il est proposé à un prix concurrentiel par rapport à la laine de roche et aux autres isolants biosourcés.
Une ambition sociale assumée
Au-delà de l’innovation technique, IsoFabric revendique un impact social. En créant un nouveau débouché pour les textiles collectés, l’entreprise souhaite renforcer les associations actives dans la récupération, le tri et la seconde main, comme Oxfam, Terre ou Kringwinkel.
Vers une économie circulaire à ancrage local
Avec ce lancement, IsoFabric ambitionne de devenir un maillon durable entre économie sociale, recyclage textile et transition énergétique. Une initiative qui pourrait contribuer à relocaliser le traitement des déchets tout en accélérant la rénovation des logements belges.
Plus d’information : https://isofabric.odoo.com/


