Innoviris annonce l’approbation du financement de 8 projets d’innovation en économie circulaire portés par des entreprises et organisations bruxelloises dans le cadre de l’appel à projets Circular Innovation : Re-Use & Recycle 2025 et des financements R&D et FST, pour un montant total de 1.156.693 euros. Sélectionnés parmi 24 candidatures, ces projets d’innovation illustrent le dynamisme des acteurs bruxellois engagés dans la réutilisation et le recyclage des déchets, au cœur de la transition vers une économie plus circulaire et résiliente.
L’économie circulaire comme levier stratégique régional
Dans un contexte de pression accrue sur les ressources et de volumes de déchets élevés en milieu urbain, l’innovation en économie circulaire constitue un levier stratégique pour renforcer la compétitivité des entreprises bruxelloises tout en réduisant leur empreinte environnementale. Avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale, Innoviris offre aux entrepreneuses et entrepreneurs la possibilité d’expérimenter la faisabilité technique et économique de solutions circulaires innovantes, avant leur déploiement à plus grande échelle.
Ce soutien public permet de lever des incertitudes clés liées à l’exploitation de flux de déchets souvent complexes, et de franchir une étape critique entre l’idée innovante et l’activité économique viable.
Des projets concrets au service du réemploi et du recyclage
Les 8 projets retenus couvrent un large éventail de flux de déchets urbains et industriels et proposent des solutions innovantes à fort potentiel d’impact, notamment :
- Déchets de la construction et des métaux, via le réemploi, la requalification et le recyclage de matériaux issus de chantiers et de flux métalliques urbains, tels que les cadres de vélos, ainsi que le développement de services innovants de tri et de logistique circulaire directement sur site
- Déchets textiles, en particulier les textiles techniques et multi-matériaux, à travers des procédés de recyclage avancés visant à lever les freins techniques à leur revalorisation et à structurer des filières circulaires locales
- Déchets plastiques, notamment le polystyrène expansé, grâce à des procédés de transformation bas carbone permettant de produire des matières premières secondaires de qualité industrielle
- Déchets alimentaires et organiques, incluant les biodéchets urbains et agroalimentaires, revalorisés en nouveaux matériaux ou intrants à faible empreinte carbone pour des applications dans des secteurs comme la construction.
Ces initiatives contribuent à réduire les volumes de déchets résiduels, à structurer de nouvelles filières locales de valorisation des matières et à renforcer l’ancrage territorial de l’économie circulaire en Région de Bruxelles-Capitale.
Circular Innovation, au cœur des stratégies régionales de transition
L’appel à projets Circular Innovation s’inscrit pleinement dans les priorités régionales, notamment le Plan Régional en Économie Circulaire (PREC), la stratégie Shifting Economy et le Plan Régional pour l’Innovation, en particulier le domaine stratégique « Utilisation optimale des ressources ».
À travers cet instrument, Innoviris confirme son rôle de soutien à des projets à caractère expérimental, porteurs de création de valeur économique, environnementale et sociétale, et contribuant à une transition concrète vers des modèles de production et de consommation plus durables.
Quels sont les projets primés en 2026 ?
- La Murisserie : Reframe the cycle
Ce projet de la Murisserie (Pépins Fraises asbl) vise à revaloriser les cadres de vélos en acier destinés à la ferraille (soit 60% des vélos collectés par les filières de recyclage à Bruxelles), un déchet dont la réutilisation est difficile dans son usage initial. L’expérimentation étudie la faisabilité de transformer ces cadres, dont les gisements sont par natures hétérogènes, en structures de mobilier standardisées, telles que des piétements de tables et des assises, en exploitant les propriétés mécaniques, la géométrie et la légèreté de ces derniers. L’innovation principale réside dans la création d’une filière de remanufacturing de l’acier pour les cadres de vélos, une première en RBC, réduisant l’impact environnemental du recyclage énergivore de l’acier. Le projet aura un impact positif sur la Région de Bruxelles-Capitale en proposant une production 100 % locale en circuit court et en enrichissant le marché du mobilier circulaire bruxellois grâce à la revalorisation de 2 à 3 kg d’acier par pièce, soit plusieurs tonnes par an à terme.
- Shipit : ReloAD (Reverse logistics Afval Dechets)
Le projet ReloAD de ShipIT a pour ambition de revaloriser les déchets de construction au sens large en améliorant leur gestion logistique. Il propose d’étudier la faisabilité d’un service de coordination et de logistique inversée (reverse logistics) pour collecter des déchets triés à la source sur les grands chantiers de construction via des stations de tri intelligentes et remplir les camions à vide ayant transportés des matériaux sur chantier. L’innovation clé est l’instauration d’un dispositif logistique inversé innovant à grande échelle, agissant comme point de contact unique et permettant un tri plus qualitatif. L’impact pour la RBC se traduit par l’optimisation du taux de remplissage des camions, la réduction mesurable des émissions de CO2 dues aux trajets à vide et l’augmentation de la proportion de déchets effectivement valorisés dans des filières bruxelloises.
- Resortecs : DeLaminate
Le projet DeLaminate de Resortecs, se concentre sur le recyclage des déchets de textiles laminés (déchets de fabrication et post-consommation), particulièrement difficiles à traiter en raison de leur composition multi-matériaux. L’objectif est d’adapter le système breveté Smart Disassembly™ de l’entreprise pour étudier la faisabilité de développer un processus de délamination automatisé et « scalable ». Ce processus est une technologie pionnière sans produits chimiques ni haute énergie qui pourrait permettre de séparer les composants laminés pour le recyclage. Ce projet a un impact environnemental majeur car il ouvre la voie à une revalorisation de l’ensemble des textiles laminés, réduisant potentiellement l’empreinte écologique du secteur textile et créant de nouvelles perspectives de marché à grande échelle.
- ECI : Production de pellets en PS recyclé
Ce projet de European Circular Industry vise à revaloriser les déchets de polystyrène expansé (PSE/PS) provenant des gisements urbains. Il cherche à valider un processus de transformation du PS gélifié, issu d’un effondrement à froid, en pellets de PS recyclé compétitifs et adaptés aux besoins du secteur du plastique non-alimentaire. L’innovation est de taille, il s’agit un procédé bas carbone sans fusion thermique qui préserve les propriétés du matériau et peut être implanté localement, offrant une alternative concrète aux techniques énergivores. Le marché est également prometteur avec un intérêt démontré de clients multinationaux tels qu’Ineos et Total. L’impact du projet sur la Région de Bruxelles-Capitale est la création d’une chaîne de valeur circulaire locale pour le plastique, permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 75 % par tonne de PS recyclé.
- Casablanco : Circul’Casa
Le projet Circul’Casa de l’ASBL Casablanco se concentre sur les déchets de démolition et de construction (bois, pierreux, métaux, isolants, etc.) générés sur les chantiers de petite et moyenne taille. Le projet ambitionne de tester la faisabilité de développer un service structuré de captation et de tri sélectif rigoureux sur les chantiers, puis de centraliser ces matériaux pour une redistribution vers des filières de réemploi locales. L’innovation réside dans la transformation des pratiques de gestion des déchets pour les PME dans la rénovation du bâti, en intégrant la formation au tri et au réemploi dans le parcours des ouvriers. En effet, des solutions circulaires commencent à émerger pour les entrepreneurs en rénovation de grande taille mais ce n’est pas encore le cas pour les PMEs travaillant sur les petits et micro-chantier qui constituent la majorité des entreprises du secteur. L’impact pour la RBC est la réduction significative des volumes de déchets tout-venant et l’alimentation de l’écosystème bruxellois en matériaux qualitatifs pour le réemploi.
- Pyroloop : Bean to Build
Le projet Bean to Build de l’entreprise Pyroloop a pour but de revaloriser le marc de café usagé, un flux de déchets disponible en abondance à Bruxelles. L’étude de faisabilité porte sur la transformation de ce marc de café en biochar certifié via pyrolyse, afin qu’il soit utilisé comme additif dans la production de ciment à faible teneur en carbone. Le projet se positionne au niveau de l’état de l’art, car il développe le premier produit commercial en béton utilisant spécifiquement le biochar dérivé du marc de café. L’impact sur la Région de Bruxelles-Capitale est double : il permet de détourner ces biodéchets des décharges (évitant les émissions de méthane) et contribue à la décarbonisation du secteur de la construction en répondant à une demande croissante
- BC Materials : Slate (SLAb made of Timber and Earth)
Le projet SLATE de BC Materials étudie la faisabilité d’un plancher structurel préfabriqué combinant terre excavée, bois et déchets de construction inertes. Il vise à remplacer les dalles traditionnelles en béton et acier par une solution bas carbone, intégrant jusqu’à 70 % de ressources secondaires bruxelloises sans cuisson ni transformation énergétique. Le projet teste différentes techniques de construction en terre et leur interaction avec le bois pour assurer résistance structurelle, inertie thermique, acoustique et résistance au feu. L’innovation principale réside dans la combinaison inédite de matériaux circulaires en un élément horizontal préfabriqué. L’étude porte également sur la préfabrication, la logistique, l’installation et la réversibilité des modules. SLATE ambitionne une réduction de 90 % des émissions de CO₂ par rapport aux systèmes traditionnels. L’impact pour la RBC inclut la valorisation de flux de déchets locaux et la création d’une filière circulaire pour le bâtiment. Le projet contribue à démontrer qu’un plancher structurel circulaire et réversible est techniquement et économiquement viable.
- Noosa : Advanced extrusion and processing of dope dyed recycled PLA filaments
Le projet de NOOSA vise à transformer le PLA recyclé (rPLA) issu de son procédé de recyclage chimique NOOCYCLE® en filaments textiles de haute performance teints dans la masse. L’objectif est de produire des filaments dont les propriétés mécaniques et esthétiques égalent ou surpassent celles du PLA vierge, tout en réduisant drastiquement l’usage d’eau et la production d’effluents liés à la teinture traditionnelle. L’innovation principale réside dans l’extrusion de rPLA coloré en masse, adaptée au marché textile, et dans la démonstration de sa compatibilité avec les procédés industriels de filage texturé (DTY). Le projet teste la maîtrise de l’extrusion, la dispersion des pigments et la durabilité des filaments et tissus. Il valorise des flux de déchets PLA pré- et post-consommation issus de Bruxelles et d’ailleurs, contribuant à la circularité et à la durabilité du secteur textile. L’impact pour la RBC inclut la réduction de l’empreinte écologique de la production textile et le développement de nouvelles filières locales de matériaux biosourcés et recyclés.


